Le bois énergie : Eldorado ou illusion? Séance publique - 6 juin
04 Juin 2018

Dans les années 1990, le Bois Énergie apparaissait comme une ouverture nouvelle et prometteuse, à la fois pour la forêt et pour la réduction de consommation des énergies fossiles. Les perspectives semblaient même si importantes en termes de consommations du futur, que les industries de la pâte à papier et des panneaux déployèrent de gros efforts pour tenter de contrer cette évolution, qu'elles percevaient comme un danger pour leurs propres approvisionnements. Fortement impulsées par l'ADEME, les chaudières commencèrent à s'installer durant cette décennie.
À partir de 2000, le mouvement prit de l'ampleur, avec une forte appétence d'une part des collectivités et des industries pour installer des chaufferies-bois, d'autre part des forestiers et des scieries pour fournir du Bois Énergie ; les consommations allaient de quelques centaines à quelques dizaines de milliers de tonnes par unité et par an. Les grands projets dits cogénération CRE firent grimper les consommations unitaires au niveau de centaines de milliers de tonnes par an, suscitant une nouvelle effervescence chez les fournisseurs.
Ensuite, l'énergie bois est apparue beaucoup moins favorable, entre autres parce que :

  • les chaufferies-bois se sont avérées beaucoup moins souples que prévu face aux matières premières proposées et aux normes environnementales ;
  • le prix de la plaquette forestière est demeuré bien plus élevé que ce qui avait été imaginé, tandis que la disponibilité d'autres ressources s'avéraient limitée ;
  • l’écologisme primaire a lancé des campagnes du type "on pille les forêts" ;
  • les émissions de particules fines ont été montées en épingle à partir d'analyses biaisées ;
  • l'effondrement du prix des énergies fossiles a brusquement obéré l'économie des installations existantes, et donc remis en question les nouveaux projets.
     

Donc : après des années d'enthousiasme, allons-nous vers la stagnation, voire l'extinction, des chaudières-bois ?

Pour en savoir plus:

> infos complémentaires séance publique

> Site de l'Académie d'Agriculture de France