Contact

Nicolas Nguyen The
FCBA

Station territoriale Sud
Domaine de Saint-Clément
34980 Saint Clément de Rivière
tél : 04 67 66 74 74
fax : 04 67 66 74 60
sud@fcba.fr


Quelques actions pour limiter la production de déchets

(par Nicolas Nguyen The)

La gestion des déchets coûte cher. L'une des premières étapes à privilégier consiste donc à en limiter les quantités générées en adoptant des actions de prévention.
Quelques propositions pour le secteur de l'exploitation forestière.

Les huiles usagées
Allonger la durée de service des huiles

Etendre les cycles de vidange
L’un des principaux déchets dangereux générés par les activités d’exploitation forestière sont les huiles usagées. Utiliser les huiles plus longtemps, c’est à dire étendre les cycles de vidange, constitue un moyen de diminuer le volume d’huile usagée, tout en permettant une économie sur le produit.
En hydraulique, les recommandations constructeurs sont d’effectuer une vidange du circuit toutes les 1000 h. En pratique, de telles vidanges sont plus souvent faites un fois par an, ce qui représente en moyenne 1500 h de fonctionnement et la bibliographie indique que les huiles minérales habituelles peuvent théoriquement être utilisées jusqu'à 2000 h sans altération des caractéristiques du bain [1].
Avec le développement des huiles dites " bio ", sont apparus des fluides de type " ester ". Les esters insaturés ont une durée de vie donnée théorique de 6000 h. Les esters saturés dont la résistance à l'oxydation est renforcée, pourraient théoriquement être poussés jusqu'à 10 000 h dans des conditions normales d'utilisation [1].
On constate en pratique qu'il y a toujours des évènements techniques (panne, fuites accidentelles) qui conduisent à la vidange prématurée du circuit et ne permettent pas de pousser les cycles aussi loin. En tout état de cause, des références ont été acquises avec plusieurs engins forestiers jusqu'à 2000 - 3000 h sans difficultés techniques [2].
Un suivi analytique du bain d'huile (mesure de viscosité, acidité, métaux d'usure, présence d'eau à intervalle régulier) permet de s'assurer à tout moment de sa qualité.

[1] : Direction générale des Ressources Naturelles et de l'Environnement. Rapport intermédiaire du groupe de travail " lubrifiants d'origine végétale ". Faculté Universitaire des Sciences Agronomiques de Gembloux, 1999, 31 pp.
[2] : de Caro et Nguyen The, 2000. Utilisation de lubrifiants à base végétale en exploitation forestière. AGRICE 1998, Conv. 9801025. Rapport final.

Adopter des filtres en dérivation
L'ajout de filtres en dérivation permet de garder l'huile plus propre que le seul usage de filtres à huile standard, offrant ainsi la possibilité d'augmenter la durée de l'huile, de réduire les coûts d'élimination de l'huile usée et de diminuer les coûts d'entretien. De tels filtres ont été testé par FERIC [3] [4]. L’augmentation des intervalles de vidange a permis sur ces exemples un retour sur investissement variant de moins de 1 an à 4 ans.

[3] : Makkonen I., 2001. Utilisation d'un filtre en dérivation Filtakleen dans les opérations forestières. FERIC. Avantage, Vol.2, no.1
[4] : Makkonen I., 2001. Autres essais forestiers des filtres en dérivation. FERIC. Avantage, Vol.2, no.20

 
Emballages & contenants
Adopter des contenants plus gros
L'achat d'huile en conditionnement de fût de 200 l réduit la génération de déchets d'emballage par rapport à un conditionnement plus petit (60 l ou 5 l). Par ailleurs, il permet d'obtenir une réduction significative des coûts au litre. La livraison en vrac est également possible pour les lubrifiants ou le carburant dans des structures telles que les garages disposant de cuves adaptées.
A noter cependant que les fûts de 200 l sont plus difficiles à manipuler et leur adoption sur le terrain éventuellement contraire aux recommandations " hygiène et sécurité " des entreprises.

Demander aux fournisseurs la reprise des contenants
La démarche est encore peu courante. Un exemple de reprise a été rencontré avec l’Office National des Forêts lors d’un appel d’offre portant sur de l’huile de chaîne « bio » et des mélanges 2 temps « écologiques » [5] .
Il était demandé un conditionnement en bidons de 5 l et la reprise des contenants par le fournisseur, récupérés à la livraison suivante. Sur 9 fournisseurs ayant répondu à l’appel d’offre, 7 ont proposé cette possibilité avec un surcoût moyen de 4,4 % par rapport au prix sans reprise.

[5] : Biquillon D., 2005. La logistique de la gestion des biolubrifiants et des biocarburants dans les agences de la Meuse. RDV techniques n°7 – hiver 2005. Edition ONF.

Tri et nettoyage
Des emballages propres (déchet banal) mêlés à des emballages souillés (déchet dangereux) seront traités comme ces derniers et au même coût. Il est donc de l’intérêt des détenteurs d’emballages d’effectuer un tri soigneux pour éviter de contaminer les déchets banals.
Parallèlement, vider et rincer convenablement les contenants souillés peut permettre de faire passer un emballage souillé de la catégorie « déchets dangereux » à celle de « déchet banal » et permettre une économie importante sur le coût de traitement. Cette opération est aussi valable pour des matériels souillés comme les flexibles.
A noter cependant que ces opérations entraînent un transfert de pollution. Les eaux de lavages doivent être récupérées et ne doivent pas être rejetées au tout à l’égout. Les chiffons gras sont des déchets dangereux et ne doivent pas être brûlés.
 
Pneumatiques usagés
La durée de vie des pneus peut être prolongée en s'assurant régulièrement du gonflage selon la pression recommandée par le constructeur d'engin.
 
Considérations générales

Eco-citoyenneté

- Prolonger l’usage et privilégier la réutilisation : choisir des produits de longue durée de vie ou réutiliser certains emballages. Les déchets des uns peuvent aussi être les matières premières pour d’autres (palettes, fûts de 200 l rincés etc., sont par exemple souvent récupérés par d’autres utilisateurs).
- Faciliter la valorisation : choisir des produits ou emballages qui, après usage, donneront des déchets plus faciles à valoriser. Par exemple, privilégier les emballages mono-matériaux plutôt que ceux qui associent plusieurs matières qui ne peuvent être recyclées ensemble.
C’est souvent dans le cadre de relations avec les fournisseurs que ces réflexions en amont de la production de déchets sont menées. La prévention des déchets peut-être intégrée comme un des critères de mise en concurrence.

Entretien régulier des matériels
L’entretien régulier et le bon réglage du matériel et des engins est un gage de leur bon fonctionnement. Cela permet indirectement d’optimiser les besoins en lubrifiants et de limiter les casses ou pannes, ce qui permet de limiter la production de déchets.
De manière plus générale, le matériel doit être utilisé dans les conditions normales en respectant les consignes constructeurs.
Guide d’entretien des tronçonneuses (188 ko)