Présentation oléothermie

 

Le traitement des bois par bi-oléothermie

Parmi l’un des procédés alternatifs de traitement des bois en cours de développpement se positionne la technique de bi-oléothermie développée depuis plusieurs années par le CIRAD et FCBA (brevet européen CIRAD N°00981456.7-2113).
Cette méthode de traitement multi fonctionnel permet d’associer potentiellement les phases de séchage et d’imprégnation sur les bois à traiter et par conséquent, constitue une avancée technologique certaine par rapport aux autres techniques aux deux étapes indissociables.

Le fait de travailler sur des bois pouvant être verts ou bruts de sciage représente un avantage indéniable pour la filière bois : en termes d’économie d’énergie et de rendements matière, et, de limitation des volumes d’effluents induits par cette étape.

De plus, cette technologie s’appuie sur des traitements à base d’huiles végétales (palme, colza et lin) et sur différentes recherches menées sur cette thématique permettant d’appliquer ce traitement à des essences réputées peu ou pas imprégnables [9,10].

Enfin, il est à souligner que ce projet s’inscrit dans une démarche réglementaire forte car les biocides actuellement utilisés dans le domaine de la protection du bois sont évalués, à la fois pour leur efficacité et leur impact environnemental/santé dans le cadre des directives BIOCIDE et REACH [11,12]. Alors que certains produits sont déjà soumis à restriction (sels de CCA, créosote,…), il est indéniable que des alternatives sont à trouver et à proposer aux industries du secteur.

Le principe de traitement :
principe de traitement 

 

Ce procédé multi fonctionnel permet d’améliorer la stabilité dimensionnelle du bois, d’éviter sa fissuration et donc une reprise en eau et de limiter le développement de champignons. Les dégâts engendrés par les attaques d’insectes xylophages tels que les termites et/ou capricornes sont eux aussi affectés par le traitement. Cette limitation de la dégradation fongique et non son arrêt a largement été rapportée dans le cas des traitements à l’huile [entre autres 16]. Ce  traitement oléothermique permet en outre un séchage des bois sur une dynamique 10 fois plus rapide que les méthodes de séchage conventionnelles [10].

Un travail de thèse mené au CIRAD a permis de montrer que certaines associations sont possibles entre l’huile et les composés borés, reconnus pour leur efficacité fongicide et insecticidel [13].

Ce projet s’appuie sur divers points techniques déjà établis dans le cas de la bi-oléothermie :

  1. Un protocole de traitement bien connu et adaptable ;
  2. les propriétés de stabilité dimensionnelle conférée par les traitements à l’huile ont largement été démontrées ;
  3. l’influence du traitement bi-oléothermique en terme de résistance aux insectes et aux champignons xylophages est avérée mais n’empêche pas, en l’état actuel des connaissances, les dégradations [14].
  4. la possibilité de combiner huile et adjuvant tel que le bore ;
  5. La réaction au feu des bois traités par bi-oléothermie fait l’objet d’un projet de recherche qui permet d’envisager de nouvelles solutions techniques d’ignifugation intégrée dans le traitement [15].

Ref :
[9] H. Baillères (2005). Un procédé oléothermique de préservation des bois d’extérieur. Bois et Forêt des tropiques. N°283 (1).
[10] D. Grenier (2006). Développement du procédé de bi-oléothermie pour les bois de construction : mesure et modélisation des transferts de matière et de chaleur lors des opérations de friture-séchage et de refroidissement-imprégnation. Thèse de l’université de Perpignan, Discipline : Sciences de l’ingénieur. 181p. Convention CIFRE CTBA-ANRT n°688/2002 du 31/03/2003.
[11] http://aida.ineris.fr/textes/directives/text0505.htm
[12] http://europa.eu/legislation_summaries/internal_market/single_market_for_goods/chemical_products/l21282_fr.htm
[13] F. Lyon. Amélioration de la durée de vie d’essences de bois peu durables à l’aide d’un traitement combiné borates-huile. Doctorat de l’université de Montpellier II en préparation. Financement Ademe-Région Languedoc Roussillon.
[14] Projet BI OLEOTHERMIE soutenu par le Ministère de l’Equipement, des Transports et du Logement (convention n°Y0229 du 30/12/2002)
[15] Projet OLEOCOMPOSANT soutenu par le Ministère de l’emploi, de la Cohésion sociale et du Logement (convention n°Y05.15-SU 05 000 175 du 26/08/2005)
[16] Etude ITERG (projet financé par l’ADEME n°97-01-056].