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EXTRAFOR : EXosquelettes pour le TRAvail en FORêt

L’augmentation de la mobilisation des bois ainsi que l’amélioration de la gestion forestière, dans le cadre de la gestion durable, pour préparer la ressource du futur implique de s’interroger sur les deux phases fondamentales de la vie d’un peuplement : son exploitation et son renouvellement.

Ces tâches font appel à des opérateurs de terrain pour dans un cas abattre, ébrancher, billonner, empiler, et dans l’autre planter, dégager, tailler, élaguer. Ces travaux sont physiquement difficiles et les conditions de travail en extérieur sont rudes (végétation, climat). Les opérateurs sont, par conséquent, fortement exposés aux accidents du travail et sont souvent sujets à une « usure physique » prématurée.

En effet, parmi les 8 000 ouvriers sylvicoles et 12 000 ouvriers d’exploitation, chaque année une centaine de maladies professionnelles liées aux troubles musculo squelettiques (TMS) sont déclarées (hors travailleurs non-salariés), plus de 70% d’entre elles concernent les membres supérieurs. Les personnes atteintes de TMS sont parfois obligées de changer d’activité, cela représente certes une contrainte pour l’employeur mais également une charge psychologique pour la personne qui ne peut plus effectuer son travail habituel. Il faut donc chercher des solutions qui soient à la fois curatives (permettant aux personnes atteintes de TMS de rester en activité), mais également préventives pour s’assurer de la bonne santé à long terme des opérateurs de terrain.

La mécanisation est la piste prospectée jusqu’ici pour pallier ces problèmes. En exploitation, elle a permis d’améliorer les conditions de travail et les rendements. Mais, aujourd’hui, le taux de mécanisation s’approche de son maximum technique : 80% en résineux au niveau national, 90-95% dans certaines ex-régions comme le Limousin et l’Aquitaine, mais dans les peuplements feuillus (représentant 75% de la surface forestière nationale), le taux de mécanisation s’élève à peine à 10%. En travaux sylvicoles, la mécanisation n’en est qu’à ses balbutiements et elle se heurte déjà aux problématiques de morcellement, praticabilité du terrain, sans compter qu’il existe un décalage entre le coût du service et la technologie nécessaire.

Des solutions sont prospectées pour aller plus loin : développer des machines pour les fortes pentes, le travail dans les gros bois, les feuillus, des travaux sylvicoles nécessitant de la précision dans des terrains salis et ensouchés. Mais même en repoussant les limites de la mécanisation, le recours à la main d’œuvre manuelle sera toujours nécessaire pour certains travaux sylvicoles, les toutes petites parcelles, les plus gros bois, les arbres de bordure, les arbres mal conformés, etc. Ainsi, même des entreprises de travaux forestiers fortement mécanisées ont toujours besoin de quelques bûcherons en appui de leurs machines de bûcheronnage et d’ouvriers sylvicoles pour l’entretien des plantations.

Face à ce constat, mais également face à la volonté de développer la performance du secteur forestier, il convient de trouver de nouvelles solutions. L’une d’entre elle se situe à mi-chemin du travail manuel et du travail mécanisé, c’est l’exosquelette. L’utilisation d’exosquelettes en forêt permettrait d’assister l’opérateur dans ses travaux, il lui rendrait la tâche plus facile tout en visant à préserver sa santé, sans bien sûr remettre en question sa sécurité. C’est une solution hybride qui combine l’acuité du travail manuel avec la force et l’endurance d’une machine, tout en restant évidement accessible financièrement.

Equiper le personnel de terrain d’exosquelettes ergonomiques et adapter au travail en forêt c’est moderniser, voire révolutionner, les techniques de reboisement et d’exploitation, c’est une solution intermédiaire (mais complémentaire !) entre la mécanisation et le travail manuel permettant de débloquer certaines situations difficiles. Chercher à augmenter les capacités de l’homme au lieu de le remplacer c’est aussi un moyen de répondre aux différentes attentes des citoyens (maintien des emplois sur les territoires ruraux, acceptabilité sociale des chantiers forestiers) et de revaloriser le travail en forêt (et la filière) par la promotion de ce type d’initiative.

 

Objectifs techniques :

 

  • Adapter les exosquelettes existants aux conditions et spécificités techniques des opérateurs forestiers
  • Tester et valider les solutions techniques retenues, basées sur une évaluation ergo-technico-économique, en comparaison avec le travail 100% manuel actuel
  • Préparer l’industrialisation et la commercialisation de ce nouvel exosquelette (communication, guide d’utilisation…)
  • Contenir le prix des exosquelettes développés pour qu’ils soient accessibles par le public visé

 

Objectifs stratégiques :

  • Préserver la santé des opérateurs existants
  • Maintenir les personnes atteintes de TMS en activité si elles le souhaitent
  • Rendre les métiers de l’exploitation forestière et des travaux sylvicoles moins contraignants physiquement et plus attractifs
  • Fournir une solution intermédiaire entre travail mécanisé et travail manuel (en termes de coûts et de contraintes d’utilisation et d’impact sur le milieu)
  • Maintenir la productivité des opérateurs tout en maximisant leur sécurité

 

Ce projet porté par EXHAUSS, en partenariat avec la FNEDT, le GCF et l’ONF, bénéficie du soutien financier du Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation dans le cadre de l’appel à projets « Innovation et investissements pour l'amont forestier ».

 

exhauss.com
Contact
Marin Chaumet