« Lorsqu’on est un acteur historique de la filière bois un tant soit peu conscient de l’avenir, il faut tenir compte de la ressource et de la matière première. Cette forme de surveillance implique d’intégrer des éléments de réglementation européenne le plus en amont possible dans nos process de fabrication ».
Bruno Pialoux explique par ces mots la stratégie du groupe Thébault, très engagé dans une démarche environnementale attestée par de nombreuses certifications, et son implication personnelle sur les questions de normalisation.
Il souligne à ce titre le rôle crucial du marquage CE qui a beaucoup facilité la vie du Groupe Thebault, spécialisé dans la fabrication de panneaux de contreplaqué et de LVL (Laminated Veneer Lumber) dans un marché européen où 60 à 70 % des bois sont d’origine hors UE.
« Il faut se souvenir d’un temps où chaque pays sur le Vieux Continent avait sa propre monnaie mais aussi ses propres normes ». Ces raisons expliquent son soutien au Bureau de Normalisation du Bois et de l’Ameublement (BNBA) dont il mesure l’impact concret à l’heure où un nouveau Règlement sur les Produits de Construction (RPC) voit le jour.
« Nous avons besoin du BNBA et de ses spécialistes pour que la France soit active dans l’écriture et l’évolution des normes qui vont régir notre activité. Au titre des fabricants de panneaux, je fais en sorte d’être autour de la table pour défendre les intérêts de notre filière ».
Et l’expert bois d’expliquer ici le rôle clé du BNBA : « Ce bureau organise les réunions, synthétise nos propositions puis les formalise dans des propositions de textes. Il joue aussi un rôle de vigie permanent et nous alerte sur telle ou telle actualité qui peut avoir une incidence sur notre activité ou nos marchés ».
Le processus de révision du RPC pour la filière panneaux est engagé depuis un an. Le but est que le prochain règlement intègre des critères environnementaux et sociaux plus transparents, récompensant les efforts des industriels français du bois, en termes de bilan carbone, de non-déforestation, de résistance mécanique au feu, de réemploi, etc.
L’Europe a aussi annoncé dans son prochain règlement un projet de passeport numérique auquel Bruno Pialoux souscrit puisqu’il devrait faciliter la conformité réglementaire, améliorer la traçabilité et renforcer la transparence vis-à-vis des consommateurs.
« Le travail de révision du RPC devrait trouver son épilogue concret autour des années 2030. Mais tout se joue en ce moment, d’où l’importance de notre mobilisation en synergie avec le BNBA ».
1 Bruno Pialoux est également membre du Conseil d’Administration de FCBA et Président de la commission Panneaux à base de bois et autres matières lignocellulosiques au sein du BNBA.